
C’est 3 fois moins de chances d’être diagnostiquée au stade précoce : plus de 40 % des femmes atteintes de cancer de l’ovaire sont diagnostiquées dans les 28 jours suivant une admission hospitalière en urgence, et ces femmes ont 3 fois moins de chances de présenter une maladie au stade précoce potentiellement curable, révèle cette analyse publiée dans le BMJ Oncology. Ces taux de diagnostic en urgence sont encore plus élevés chez les femmes très fragiles, les femmes les plus jeunes (18-29 ans) et les plus âgées (80 ans et plus), ainsi que dans les zones les plus défavorisées.
Le cancer de l’ovaire est le 8è cancer féminin le plus fréquent dans le monde, causant plus de 200.000 décès chaque année dans le monde. Son diagnostic est complexe car ses symptômes, ballonnements abdominaux persistants, douleurs abdominales ou pelviennes, satiété rapide, perte d’appétit, fatigue et troubles urinaires, sont communs avec de nombreuses affections bénignes.
Ce diagnostic tardif, associé à un stade avancé est un facteur majeur de mauvais pronostic.
Les auteurs ajoutent : « Il est urgent d’améliorer les outils diagnostiques, en mettant également l’accent sur l’augmentation de la sensibilisation des patientes, l’amélioration de la reconnaissance précoce des symptômes d’alarme, la gestion de la priorisation des listes d’attente. Nous devons offrir un service rapide aux nombreuses femmes présentant des symptômes non spécifiques ».
L’étude, menée à partir des données du registre national du cancer de 28.204 participantes diagnostiquées avec un cancer de l’ovaire entre janvier 2017 et décembre 2021, croisées avec les données d’admission hospitalière, a analysé les facteurs associés au risque de diagnostic dans les 28 jours suivant l’admission en urgence. L’analyse révèle que :
- 40 % des participantes ont été diagnostiquées dans les 28 jours suivant une admission hospitalière en urgence ;
- parmi les participantes très fragiles (soit 3.372 femmes selon le score SCARF de fragilité sévère), 69 % ont été diagnostiquées après une admission en urgence vs 29 % des femmes non fragiles ;
- le diagnostic après urgence est 36 % plus probable chez les femmes plus jeunes (18-29 ans), 25 % plus probable chez les femmes de 80 ans et plus.
- les femmes vivant dans des quartiers les plus défavorisés ont un risque accru de 11 % de diagnostic en urgence ;
- parmi les femmes diagnostiquées après urgence dont le stade était disponible, seulement 14 % présentent une maladie à stade précoce (1 ou 2) vs 39 % des femmes non diagnostiquées en urgence ;
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les femmes diagnostiquées après admission en urgence ont 3 fois moins de risque d’avoir des tumeurs à croissance lente (14,5 % vs 24 %).
Quelles implications ? Ces résultats mettent en évidence des inégalités d’accès au diagnostic précoce liées à la fragilité, à l’âge et au contexte socioéconomique et appellent à des interventions ciblées pour améliorer la sensibilisation aux signes d’alarme.
Si l’absence de données complètes sur les comorbidités, les recours aux soins primaires avant l’admission et les informations complètes sur le stade et le grade limitent l’interprétation, ces conclusions appellent à des analyses de confirmation sur les cibles les plus vulnérables au diagnostic tardif.
Source: BMJ Oncology July 7, 2026 DOI: 10.1136/bmjonc-2025-001053 Ovarian cancer diagnosis within 28 days after an emergency admission to hospital: national population-based study of patient risk factors and cancer characteristics using routinely collected data in England
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