
Le rapport neutrophiles/lymphocytes pourrait faciliter la stratification du risque dans les troubles dépressifs, voire de suicide, conclut cette méta-analyse exhaustive, menée par une équipe de la Shandong University of Traditional Chinese Medicine. Cette analyse, présentée dans la Harvard Review of Psychiatry, suggère ainsi un nouveau marqueur précieux dans le diagnostic et le pronostic d’un trouble qui touche aujourd’hui plus de 330 millions de personnes dans le monde.
Cette recherche révèle en effet qu’un rapport neutrophiles/lymphocytes (RNL) élevé est significativement associé à un risque accru de dépression et peut également être corrélé au risque de suicide chez les personnes atteintes de troubles dépressifs.
L’un des auteurs principaux, le Dr Yongjun Chen, de l’Université du Shandong, précise : « plusieurs études démontrent des altérations des réponses immunitaires dans la dépression, notamment une diminution de la réactivité lymphocytaire et une dérégulation de l’activité des neutrophiles.
Le rapport neutrophiles/lymphocytes (NLR),
calculé à partir d’une numération formule sanguine complète de routine, se révèle un bon biomarqueur périphérique de l’inflammation systémique. De plus ce marqueur est » économique et accessible « .
L’étude est la première méta-analyse exhaustive à examiner les implications prédictives et pronostiques du NLR chez les patients atteints de dépression. L’équipe a mené une revue de la littérature publiée sur le sujet, dans les principales bases de données médicales et scientifiques, les études admissibles portant sur des patients atteints de dépression primaire ou secondaire et présentant des données originales sur l’association entre la dépression et le NLR, avec une qualité méthodologique suffisante.
37 études publiées en anglais entre 2015 et 2024, portant sur un total de 88.019 participants ont été incluses dans la méta-analyse. Toutes les études étaient de bonne qualité méthodologique. L’analyse constate que :
- le rapport neutrophiles/lymphocytes (NLR) est associé à la fois à la prévalence de la dépression et au risque de suicide ;
- d’après 10 études : un NLR élevé est associé à un risque accru de 57 % de dépression ;
- d’après 2 études : la combinaison dépression et NLR élevé est associée à un risque accru de 56 % de suicide ;
- d’après 33 études : le NLR est significativement plus élevé (+27 %) chez les patients atteints de dépression que chez les individus non atteints ;
- d’après 13 études, les patients atteints de troubles dépressifs majeurs (TDM) considérés comme à risque suicidaire présentent un rapport neutrophiles/lymphocytes (RNL) significativement plus élevé (+58 %) vs ceux non considérés comme à risque.
Pris ensemble, ces résultats soulignent la pertinence clinique de l’inflammation systémique dans la physiopathologie de la dépression et mettent en évidence le NLR comme un marqueur efficient et accessible pour éclairer la stratification des risques et pour personnaliser les stratégies de traitement en psychiatrie.
Source: Harvard Review of Psychiatry 6 Jan, 2025 DOI : 10.1097/HRP.0000000000000444 The Relationship Between Neutrophil-to-Lymphocyte Ratio and the Prevalence and Clinical Outcomes of Depressive Disorders: A Systematic Review and Meta-Analysis
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